Dérushage
Par Mathilde Leroy le vendredi 9 mars 2007, 21:52 - Les montagnes ne sont pas des montagnes / Mountains are not mountains - Film
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Les images sont tournées depuis le mois d'août dernier. Elles sont rentrées
dans la machine depuis peu, en remplacement des images d'un film de mariage
tourné en septembre et fini de monté en février. Maintenant, le travail va
pouvoir commencer... même si "egentlig" (en fait) il ne s'est jamais
arrêté.
Le film de mariage, c'était aussi un peu pour m'entraîner au montage,
apprivoiser la machine, retrouver le rythme. J'y ai fait à peu près tout à
l'envers. Et j'ai mis 5 mois pour en finir.
Et puis j'ai demandé des conseils à des utilisateurs avisés, et puis j'ai
découvert le fichier "manuel d'utilisation" de Final Cut Express ... et tout
ça, plus les tâtonnement du début, ont rendu les choses beaucoup plus claires.
Trouver la méthode, comprendre la logique de la machine, il semble que ce soit
ça l'essentiel.
Il y aura donc bientôt près de 7 heures de film dans la machine. 7h que
l'ordinateur redécoupe gentilement en plans, en fonction des débuts et fins
d'enregistrement par la caméra. Ensuite, il faut renommer chaque plan et le
classer dans le sous-chutier du sous-chutier du sous-chutier du chutier
(clairement nommés), en précisant tout un tas de choses qui me permettront de
retrouver LE bon plan parmis les futurs 1000 et quelques plans... C'est long,
c'est fatiguant, c'est même assez ennuyeux parfois, mais c'est comme ça que se
reconstitue doucement la colonne vertébrale du film.
6 mois après le tournage, je revois parfois les images pour la première
fois. L'impression d'y être à nouveau. Au bord du fjord, face au géant endormi
de tout son long et à la bonne montagne ronde. Les trolls rocheux toujours
aussi trolls, la mousse toujours plus verte et plus gonflée. Les yeux
incroyables des arbres rouges. Les creux mystérieux sous les souches et les
rochers.
Revoir les images, c'est réimaginer le film, retrouver sa légitimité. C'est
rassurant. Et c'est stressant parce qu'il va finalement falloir reconstruire
tout ça dans le concret de la vidéo, du montage virtuel. Retrouver les rythmes,
les sons, la cadance. Le rythme syncopé et la contemplation. Alterner
correctement. Allier la musique, les sons, les paroles. Redonner vie à la
réalité de ce moment où tout est arrivé, où je marchais seule sous la pluie sur
ce long chemin, où j'ai compris les trolls, le vent, les fjords et la joie
d'être là.
La hâte du mouvement, de l'avancée sur le chemin, ce sera la guimbarde et
le mukkuri, guimbarde japonaise en bambou. Ce sont des instruments
fascinants. Chaque jour en sort un nouveau son, un nouvel éclat, un nouveau
rythme. A moi de saisir les notes et les formes qui siéront au chemin et à la
cavalcade.