La semaine d'après le dérushage n'a pas été de tout repos... Difficile de se mettre au montage juste après. Pas le temps d'avoir le temps, de se poser, de poser les idées, de retrouver les intentions. Vouloir aller trop vite parce que le temps presse (mine de rien). Pas possible de s'y mettre en ayant encore la tête dans le guidon.

Donc, hier, j'ai pris le temps. Sous le soleil de Picardie, au milieu des odeurs canines de la place Gambetta, des djeuns qui font des accrobaties et des tout petits qui courent partout dans l'herbe. J'ai relu toutes mes notes depuis le début, depuis janvier 2006. Les interrogations, les inspirations, l'apport poétique des amis, les mots pour dire, les sons et les images, les rythmes... Les extraits de mon journal qui fondent l'histoire. Revenir en arrière. Retrouver ce qui est bien - et qu'on avait oublié.

Voilà. Tout est là. Dans le cahier blanc, dans la tête.

Aujourd'hui, le temps devant moi. J'attaque la séquence "Quitter les hommes" commencée hier soir. Un premier montage brut. Mettre les plans les uns derrière les autres. Choisir les plus réussis (au niveau esthétique et technique). Ceux qui sont indispensables. Trouver le juste enchaînement. Imaginer les sons qui viendront se superposer et donner du sens. Le travail sur le rythme viendra après, quand l'ensemble aura déjà pris forme.

La chute d'eau est la partie qui m'a pris le plus de temps. Comment organiser les plans ? Montrer d'abord le haut ? le bas ? Evoquer par succession de gros plans ou montrer la totalité ? Ce n'est pas un passage crucial du film, mais c'est la première approche de l'eau sauvage. Ce n'est pas rien.

Et là, ça y est, le montage brut de la première séquence est terminé ! Un tout petit pas pour l'humanité, mais un grand pas pour moi... le premier pas concret dans le montage de Les montagnes ne sont pas des montagnes !