A propos de "Ici s'élèvent les âmes"
Par Mathilde Leroy le samedi 15 septembre 2007, 14:01 - Installations - Lien permanent
A l'entrée de l'église, le visiteur est invité à retirer ses chaussures. Des
morceaux de moquette l'invitent à poursuivre sa route… Des rideaux entre
l'entrée de l'église et la nef : un sas formé de deux toiles marron
découpées en lamelles et un autre rideau formé de trois voiles blancs, du côté
de l'intérieur de l'église. Des ballons blancs suspendus entre deux. Il s'agit
de marquer le passage vers un monde imaginaire, protégé. Les voiles blancs
rappellent le ciel et l'univers paisible des anges.
Une moquette claire recouvre les ¾ du sol de l'église et des carrés de
moquette sont disposés aux alentours. Le visiteur peut ainsi se déplacer sans
chaussures et être directement en contact avec le sol. Il peut aussi s'asseoir
ou de s'allonger.
Au milieu de l'église, sur la moquette : un escabeau/arbre à pensées.
Il symbolise la montée des âmes et porte des petits textes, des phrases sur le
thème des âmes et des anges, écrits par des poètes, des artistes, des
philosophes, des religieux, des écrivains, etc., collectés dans différents
ouvrages et sur internet. Plusieurs poèmes ont également été écrits par Cécile
Favereaux. Les textes sont suspendus à l'escabeau par des fils de raphia.
D'autres sont répartis dans l'église, suspendus à différents supports ou étalés
sur le sol.
Sur le mur latéral droit de l'église, recouvert de tissu blanc, des nuages
blancs sur ciel bleu apparaissent, projetés à partir de diapositives. Un voile
de tulle blanc situé entre le projecteur et le mur, entre deux colonnes, capte
une première fois l'image. Les nuages flottent dans l'espace avant d'être à
nouveau captés par un corps ou, plus sûrement, par le mur d'en face.
Les nuages blancs renvoient directement au ciel : puisque les âmes
s'élèvent ici, peut-être ont-elles déjà atteint les nuages. La blancheur et
l'aspect cotonneux des nuages renvoient à l'image du cocon.
De nombreuses bougies de tailles différentes sont disposées sur les autels
de l'église, sur des feuilles d'aluminium. Elles éclairent l'espace et créent
une ambiance particulière, se conjuguant avec les projections de couleurs des
vitraux. Elles renvoient aussi à la flamme qui représente dans différentes
traditions la montée des âmes vers le ciel.
Une musique propice à la relaxation et la méditation, l'album Rue des
cascades de Yann Tiersen, est diffusée en continue. Elle emplit l'église,
contribuant à la constitution d'un cocon dans lequel le visiteur peut
s'installer.
L'espace est également parfumé par de l'encens, qui accentue l'impression d'
« ailleurs ».
L'intention est d'éveiller et stimuler les sens du visiteur : le
toucher grâce à la moquette et aux tissus, l'ouïe grâce à la musique, l'odorat
grâce à l'encens, et la vue grâce aux bougies, aux diapositives et à l'église
elle-même (vitraux, mobilier art nouveau…). Le visiteur est ainsi extrait de
son univers sensoriel habituel et propulsé dans un monde irréel qui l'invite à
la réflexion.
ML
> Les souvenirs d'Absolu à propos de l'installation : ici
