Présentation de l'installation de Mathilde Leroy et Vince Jamal

Pile : arrivée dans la forêt.

Face : la visée du voyeur (on se rappellera des tendances inavouables de l’écrivain)

Mathilde Leroy nous propose une avancée sans fin au sein d’une forêt peuplée d’arbres rouges couverts d’yeux, de sons étranges. Une avancée au ras du sol, explorant les cavités et les recoins, à la recherche d’une échappatoire. Fuyant des yeux rouges omniprésents, des grondements sourds et un environnement à la taille démesurée, ce cheminement solitaire en forêt amène la construction d’une allégorie personnelle, signe d’un imaginaire collectif lié à une peur du loup, des monstres … À la découverte d’un autre monde, rythmé par la voix du poète norvégien Ivar Orvedal, nous répétant « Alle – ingenting » : « Tout – rien ».

Au verso de cette projection, des numéros flous et proches, défilant comme autant de moutons numériques, laissent apparaître un personnage (le valet ?).

Sur un mode non linéaire, certain chiffres disparaissent, s’inversent ; leur décompte formalise une attente de sommeil, nous basculant dans un vide sombre.

Rappelant l’homme de Vitruve, un personnage tente de lever les bras, de soupeser son corps. Il mime ces moments de convulsion qui nous surprennent lorsque nous atteignons un sommeil profond ; ces contractions musculaires nommées myoclonies.

La salle d’exposition ayant été coordonnée architecturalement selon le nombre d’or, ce jeu numérique s’est imposé, reflet d’images fantômes & de sensations impalpables.

Mathilde Leroy et Vince Jamal proposent deux modes de pénétrations dans la fantasmagorie de Lewis Caroll, ils se permettent une abstraction au texte, ne retenant qu’une perception atmosphérique ; frères d’arme d’un jeu enfantin, auquel se substitue rapidement une réalité apeurée et hallucinée.