La démarche

Ce projet d’installation sera basé sur des témoignages de femmes d’âge et d’origines (culturelles, sociales) différents. Je souhaite aller à leur rencontre, individuellement, et leur poser cette question : « qu’est-ce que la féminité pour vous ? ». Leurs réponses, leurs interrogations, leurs réflexions, seront enregistrées avec un lecteur mini-disc. A partir de cela, je construirai une bande sonore, allant vers la poésie, avec un travail de création sonore qui additionnera aux mots choisis des sons, des souffles, des voix, des tintements, des instruments de musique simples (bol tibétain, boules chinoises, flûte…)

Parallèlement à cela, je filmerai leurs regards, leurs mains, leurs expressions, leurs gestes, leurs mouvements, des parcelles du corps, des couleurs, des morceaux d’étoffe… Il ne s’agira pas d’illustrer leur témoignage avec une approche documentaire, mais de saisir les spécificités de chacune, leur unicité, et en rassemblant toutes ces parcelles, d’aller vers une représentation universelle et multiple. Il s’agira d’esthétique, de mouvement, de texture.
Ces prises de vue feront l’objet d’un montage vidéo simple, principalement basé sur les liens de couleurs et de mouvements.

Par ailleurs, une autre vidéo sera réalisée à partir de mes réflexions personnelles sur le sujet, mes questionnements, nourris par les rencontres faites avec d’autres femmes, et principalement celles qui seront « interviewées », mais également nourris par des lectures (Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, La femme des longues patiences et autre poèmes d’Andrée Chedid, etc.)

Le dispositif

Cette installation entrera dans la continuité de mon travail sur les transports de l’image (Promenons-nous…, Envisageons la terre/Ilselied), avec une double projection vidéo (face à face) sur des tissus/écrans suspendus dans l’espace. Les images projetées se mêleront sur les tissus, se démultiplieront et envelopperont les spectateurs-visiteurs de l’installation. Le mur du fond du Carré Noir servira également d’écran aux images projetées depuis l’entrée. Les vidéos (de durées différentes) seront projetées en boucle. Des bandes de tissus blancs seront suspendues verticalement. Les matières et les textures seront variées : dentelles, draps de lin d’une autre époque, tulle…
Le visiteur arrivant à l’entrée de la galerie sera face à une image composite dans laquelle il pourra entrer comme dans un cocon pour y écouter des témoignages intimes.

La bande sonore sera diffusée (en boucle) indépendamment des vidéos, pour que la coexistence des images et des sons se fasse au hasard et évolue d’un cycle à l’autre, rendant ainsi le propos plus large : une même phrase pourra être entendue alors que l’on voit les mains d’une femme africaine âgée, puis alors que l’on voit le regard d’une jeune étudiante iranienne, ou le cou d’une femme picarde qui s’occupe d’enfants…